Trois jours étaient passés depuis le coup de fils du père de Djefré, l'enterrement avait lieu à trois heure de l'après-midi. Saïka était assise à l'arrière de la voiture, le front posé sur la vitre, elle regardait le paysage défiler en silence, une main posé sur son ventre. Tom et Bill ne parlaient pas non plus, respectant le silence de leur amie.
La route fut longue et dur pour Saïka, dès qu'un camion les croisaient elle revoyait des flach de son cauchemar. Six heures après leur départ, ils se garèrent devant le cimetière que le père de Djef' leur avait indiqué. Ils descendirent de la voiture et se dirigèrent vers l'église proche. Peu de personne était présente, une dizaine tout au plus. Saïka, Bill et Tom, restèrent à l'écart, trois heures sonna au carillon de l'église, ils rentrèrent, se mirent au fond et écoutèrent.
Saïka n'arrivait pas à garder son calme, les larmes coulaient ne s'arrêtant pas, les gerbes de fleurs embellissaient le cercueil. Au cimetière Saïka c'était calmé, Tom lui tenait la main, Bill les épaules, Saïka avait la main gauche posé sur son ventre, elle s'approcha lentement du trou ou reposait à présent son fiancé, elle s'approcha lentement et déposa une feuille. Lorsque Bill et Tom s'avancèrent, ils virent que la feuille n'était autre qu'une échographie.
Saïka commençait à partir lorsqu'elle entendit quelqu'un l'appeler. Elle se retourna et vit un homme d'une quarantaine d'année, devant elle. Saïka eut un haut le coeur. Tom réussi à la soutenir. C'était le portrait cracher de Djefré.
- Excusez-moi, vous êtes Saïka ?
- Oui, dit-elle avec difficulté.
- Je suis enchanté, bien que j'aurais préféré faire votre connaissance dans d'autre circonstance. Je suis le père de Djef', lui dit-il en lui tendant la main.
- Je. . . Je vous avez reconnu. Enchanté de vous rencontrer enfin.
- Moi aussi, bien que Djef' et moi ne nous soyons pas beaucoup parlé il m'avait dit que vous étiez enceinte.
- C'est exact monsieur.
- Une fille ou un garçon ?
- Nous. . . Je . . . Djef' et moi ne voulions pas savoir avant la naissance. La surprise. . . vous comprenez ? Demanda-t-elle en posant une main protectrice sur son ventre.
- Bien sur. Je voulais vous remercier.
- Me remercier? Mais pour quelle raison ?
- C'est vous qui avez convaincu mon fils de venir me voir.
- J'aurais préféré ne rien faire, dit-elle avec difficulté. Il serait toujours en vie, mon bébé aurait toujours son père et moi mon fiancé.
- Oui, mais sans vous jamais mon fils n'aurait repris contact avec moi. Et je ne lui aurrais jamais reparlé.
- Je. . . Je voulais qui reface la connaissance de son père. Je voulais qu'il ait la chance de faire ce que je n'aie pas réussit avec le mien.
- Votre père est mort! Je suis désolé.
- Non mon père n'est pas mort, mais c'est tout comme. Je suis heureuse de vous avoir connu monsieur. Au revoir.
- Au revoir Saïka.
Saïka resta ainsi, à regarder le père de son fiancé partir parler à d'autre gens, faire mourir son chagrin comme il le pouvait. Elle senti que quelqu'un la tirait en arrière, elle tourna la tête et vit qu'il s'agissait de Bill. Elle le suivit en silence. Lorsqu'ils montèrent dans la voiture, elle repris quelque peu ces esprits et lui demanda de l'amener dans un endroit précis. Elle lui indiqua le chemin.
Le soleil se couchait ses reflets or et oranger inondaient l'océan. Saïka était là debout, près du bord de la falaise, les cheveux fouetté par le vent, virevoltant autour de son visage, elle regardait l'océan, cette immense étendu d'eau salé à perte de vue. Les larmes coulaient toujours plus nombreuses, toujours plus douloureuses. L'herbe brûlé par le soleil se balançait au rythme du vent, frappant ses jambes nues, soulevant légèrement sa robe noire.
Le ciel ressemblait à une peinture, du violet, du rose, du orange, du bleu, il était magnifique, mais Saïka ne le voyait pas, elle ne percevait que sa douleur, douleur d'avoir perdu l'homme qu'elle aimait. L'homme qui lui avait fait un enfant. Elle posa sa main sur ventre et le caressa doucement, comme pour se rassurer.
Les larmes ne coulaient plus, elle n'en avait plus. Saïka senti une main se poser sur son épaule, elle tourna la tête et vit Tom lui sourire. Elle lui sourie en retour, ou plutôt, elle essaya de le lui rendre.
- Viens Saï', il faut que nous partions. Il commence à se faire tard.
- . . .
Saïka regarda une dernière fois l'océan et se dirigea en silence vers la voiture ou l'attendait Bill et Tom. Dès qu'elle fut assise Saïka s'endormit, vaincu par ses nuits sans sommeille. Tom et Bill ne parlèrent pas, ils ne voulaient pas la réveiller alors que c'était la première fois en une semaine qu'elle s'abandonnait enfin au sommeille.
Lorsque Saï' ouvrit les yeux, la nuit était déjà bien avancé, elle regarda ses amis qui fixaient la route. Elle avait de la chance de les avoir, sans eux elle ne sait pas comment elle aurait pu surmonter cette épreuve. Mais le plus dure rester à faire, elle devait apprendre à vivre sans Djef' et élever son enfant sans père.
Saïka soupira, Tom se retourna et lui sourit.
- Alors bien dormi ?
- Oui, merci, ça fait longtemps que nous roulons ?
- Nous arrivons dans une demi heure, répondit Bill.
- Tu veux que je prenne le volant, cela te permettrait de te reposer un peu.
- Ne t'inquiètes pas je vais bien.
- D'accord, déclara Saïka en se calant au fond de son siège.
- Saï'?
- Oui?
- Georg et Gustav nous ont appelé pendant que tu dormais, l'informa Tom.
- Ils nous ont dit qu'ils comptaient venir dans trois jours, poursuivit Bill.
- Mais comme tu dormais je leur aie demandé de te rappeller plus tard.
- Ok, comment vont-ils?
- Bien, mais c'est plutôt à nous de te poser cette question.
- Djef' est mort, je n'aie plus de fiancé, plus de père pour mon bébé. Mais j'ai des amis sur qui je peux compter, Djef' n'aurais pas voulu que je m'apitoie sur mon sort.
- Tu as le droit d'être triste, tu viens de perdre ton fiancé.
- Je le sais Tom. Mais. . ., il ne reviendra pas alors pourquoi se faire tant de mal, exprima-t-elle avec difficulté. Je ne peux pas le ressusciter.
- Nous serons toujours là pour toi Saï', nous avons toujours étaient là quand tu avais besoin de nous, affirma Bill d'une voix douce.
- Bill a raison, depuis que nous te connaissons, nous ne t'avons jamais laisser seule, et nous n'avons pas l'intention de le faire maintenant.
- J'aimerais tellement que mes parents soient là, chuchota-t-elle en essuyant d'un geste de main rageur les larmes qui recommençaient à couler.
- Je le sais Saï'. Mais peu être que si tu les appelais ils voudraient bien décrocher pour une fois.
- Pas aujourd'hui.
- Pourquoi pas aujourd'hui?
- Ils ont une réunion, tout les jours à cette heure là en comptant le décalage horaire, ils sont en réunion pour quatre heures. Si j'ai le malheur de les interrompre je vais me faire insulter ou pire me faire raccrocher au nez.
- Mais il est plus de dix heures du soir.
- Les plus courtes se terminent vers onze. Vous ne trouvez pas ça bizarre, j'ai des parents qui sont pleins au as, qui peuvent m'offrir tout ce que je veux, qui n'étaient jamais chez moi, je pouvais inviter qui je voulais quand j'habitais encore chez eux. Ils y en a qui tueraient pour avoir des parents comme les miens, mais moi tout ce que je demande c'est de les voir plus souvent, d'arrêter de me faire rembarrer à chaque fois que j'essaye de les appeler. Je ne demande pas grand chose? Si ?
- Non Saïka tu ne demandes pas grand chose, déclara Tom en regardant son frère du coin de l'oeil.
- Nous sommes arrivés.
Saïka descendit de la voiture, suivit par les deux jumeaux Kaulitz. Ils eurent à peine le temps de fermer la porte de l'appartement ; le téléphone de Saï' se mit à sonner. Elle s'y précipita dessus.
- Hallo?
- Hallo jeune fille.
- Georg, tu peux arrêter de faire ça à chaque fois que tu m'appelles, dit-elle en riant.
- Non, c'est plus fort que moi.
- . . . Tom et Bill m'ont dit que Gustav et toi aviez tenté de me joindre.
- C'est exact. Nous voulions savoir s'il était possible que nous loge en attendant que notre concert commence?
- Bien sur les garçons m'ont dit que vous contiez vous rendre en France dans trois jours.
- Oui, et puis nous avions très envie de te revoir. Au faite je suis désolé pour Djef'.
- Merci et avant que tu ne me le demande, je vais bien.
- C'est vrai ce mensonge?
- . . .
- Je vois. Bon, je ne vais pas te retenir plus longtemps car vu comme je connais Bill et Tom, ils sont probablement entrain de vider ton frigo pendant que nous parlons.
- Surement, déclara-t-elle en riant.
- Alé bisou, j'tadore, à dans trois jours.
- Moi aussi Zibou.
Saïka raccrocha, elle comptait allé dans chambre pour se changer lorsqu'elle vit ses deux meilleurs amis fourré devant le frigo.
- Qu'est ce que vous faites agglutiné devant mon frigo les garçons.
- Nous. . . Rien. . . On regarde, déclara Bill.
- Oui, bien sur c'est pour ça que tu as de la chantilly sur le nez.
- C'est pas moi, je te jure, s'écria-t-il en levant les mains.
- Tu me prends pour une poire Bill, tu as encore la part de gateau dans la main, s'exclama-t-elle en riant. Si tu voulais mangé tu aurais pu attendre que j'ai fini de parler Georg. Au lieu de tout dévorer, j'aurais préparé le repas, espèce de goinfre.
« En attendant, je vais me changer, alors essaye de ne pas engloutir tout le frigo avant mon retour. »
- Ok.
Saïka partie dans sa chambre, elle ota sa robe noire, qu'elle laissa tomber sur le parquet de sa chambre, elle se tourna vers son lit pour prendre son jean lorsque son regard fut attiré par la photo posé sur sa table de chevet.
Elle s'assit sur son lit, prit le cadre dans ses mains tremblotante et regarda le visage de la personne qu'elle aimait. Elle fit doucement glisser la main sur le verre froid.
Elle se souvenait encore du jour ou elle avait prit cette photo. C'était un jeudi, en juillet, le 21 précisément. Ce jour là, Djefré et elle, étaient partie quelques jours, ils devaient se rendre à la mer, mais leur voiture les avait lâché en pleine campagne, ils n'avaient rien put faire d'autre que marcher jusqu'au village le plus proche en espérant qu'ils pourraient appeler une dépanneuse, leur portable n'ayant pas de réseau là ou ils se trouvaient.
Ils avaient marché pendant plus d'une heure et demi avant qu'elle ne se plaigne d'avoir mal aux pieds. Ils s'étaient arrêté et pour être tranquille ils s'étaient enfoncé dans un prés. Ils s'étaient étendus sur l'herbe, et avaient regardé les nuages. Dix minutes plus tard environ, Djef' c'était redressé et l'avait regardé dans les yeux. C'est à ce moment là qu'elle avait prit la photo.
Les larmes coulaient le long de ses joues, Saïka ne s'en était pas rendu compte, trop absorbé par ses souvenirs. Elle entendit quelqu'un frapper à la porte, elle allait lui dire d'entrer lorsqu'elle se rappela qu'elle n'était qu'en sous vêtement. Elle attrapa sa robe de chambre essuya ses larmes et permit à la personne de pénétrer dans sa chambre. Il s'agissait de Tom. Lorsqu'il vit que Saïka tenait dans ses mains une photo de Djef' et qu'elle avait pleuré il se précipita vers elle et la serra dans ses bras.
- Je suis là, Saï', si tu as besoin de quoi que se soit tu sais que je ferais tout ce que je peux pour t'aider. Bill aussi.
- Merci, Tom. Il me manque. Je ne pensais pas qu'il me serait enlevé si tôt, j'avais espéré que pour une fois, je pourrais garder la personne que j'aime aussi longtemps que je vivrais, mais apparemment ce bonheur n'est pas pour moi.
- Ne dis pas ça Saï', tu as ton bébé. Le bébé de Djef', son enfant. Il t'a fait un merveilleux cadeau avant de partir. Tu auras toujours une partie de lui avec toi.
- J'ai peur de ne pas pouvoir l'élever comme il faut. . .
- Mais toutes les futures mère on peur de ça Saï' c'est normal.
- Non, tu ne comprends pas Tom, j'ai peur de revoir Djef' à travers lui est de ne pas pouvoir m'en occuper car il me fera trop penser à lui. J'ai peur de le faire souffrir malgré moi.
- Saï' ne penses pas à ça pour l'instant, il faut d'abord que tu ailles prendre une douche, que tu te changes et que tu ailles nous préparer à manger, déclara Tom un sourire en coin.
- . . . Non mais t'es pas possible toi, s'exclama-t-elle en lui jetant un oreiller en pleine figure.
- Arrêtes de faire ta petite fille et va te laver, déclara Tom les yeux pétillants de malices.
- Non, mais je vous jure, ça vends des millions de disques et ça se croit une rock stars, soupira Saï' en prenant ses vêtements dans son armoire en souriant.
- Qu'est ce que tu as dis, demanda Tom qui commençait à marcher vers Saï l'air faussement sévère.
- Rien, rien, dit-elle en se précipitant vers la salle de bain.
Tom la regarda partir en courant, il allait fermer la porte lorsqu'il vit le cadre posé sur ce lit. Il le prit et le remit sur la table de nuit.
- Je te promets de prendre soin d'elle Djef', assura-t-il.
Après un dernier regard vers la photo, il sorti de la chambre et ferma la porte derrière lui. Au faite je suis désolé pour Djef'.